Émilie Jouan et Emma Vaucher. – Quelle a été l’origine de La Maison qui pleurait ?
Patric Saucier. – En 2003, ma conjointe et moi avons accueilli une petite fille de 2 ans : Karianne. Ses parents se droguaient et la frappaient. En 2004 nous avons pu avoir sa garde complète et elle est toujours dans nos vies, c’est devenu notre fille.
Je me suis basé sur ce qu’elle nous a compté au fil des années sur ce qu’était sa vie pour écrire mon texte. J’ai dû prendre du recul face à certains moments plus traumatisants pour que le texte demeure accessible aux enfants.
Je me suis basé sur ce qu’elle nous a compté au fil des années sur ce qu’était sa vie pour écrire mon texte. J’ai dû prendre du recul face à certains moments plus traumatisants pour que le texte demeure accessible aux enfants.
É.J et E.V. – Comment décririez-vous votre processus d’écriture ?
P.S. – J’écris habituellement par couches. J’arrive à un premier jet relativement rapidement pour avoir un squelette de la pièce. Le gros du travail arrive ensuite, quand je commence à mettre de la chair sur l’os. Quand je m’attarde à trouver les bons mots, les bonnes tournures, le bon ton. J’écris comme je dessine au final. Ls couleurs n’arrivent que très tard dans le processus.
É.J et E.V. – Quelle a été votre préoccupation majeure lors de l’écriture de La Maison qui pleurait ?
P.S. – Je voulais parler d’un sujet grave : la violence conjugale faite aux enfants. Je ne voulais pas édulcorer le sujet mais en même temps je ne voulais pas effrayer les enfants (et les directions artistiques qui sont de plus en plus frileuses quand vient le temps des choix de sujet de pièces). Je voulais poétiser le texte pour mieux faire passer la cruauté du sujet. Je voulais surtout me positionner, prendre le parti que l’histoire est racontée par Florence, la principale victime. Comment se protéger de son père quand on a 6 ans, si sa mère n’y arrive pas ?
É.J et E.V. – Avez-vous des attentes particulières pour la mise en scène ?
P.S. – Je tiens à ce que la mise en scène amplifie le sentiment d’appropriation par les spectateurs enfants. De plonger dans la tête d’une petite fille qui fuit une guerre familiale. Toujours garder à l’esprit que La maison qui pleurait s’adresse avant tout aux enfants. Ils doivent se reconnaître dans cet univers ludique. En même temps, je suis conscient que la poésie et le choix de mes mots devront aussi créer une étincelle chez les adultes qui liront ou verront mon texte.